Les données du Quid

 

Superficie. 31 581,96 km2 .

Population 1990: 1 609 654 habitants (dont 39 795 Français par acquisition, 83 401 étrangers dont 22 006 Portugais, 19 776 Marocains, 9 355 Algériens) ; 1996: 1 624 200 habitants Densité : 1 624 200

La région "Bourgogne", créée en 1960, comprend l'ancien duché de Bourgogne avec des parties des anciennes provinces de Champagne, d'Ile-de-France, d'Orléanais et du Nivernais.

Bourgogne

Abréviation : B. : Bourgogne, Bourguignons.

Situation. Appartient à des ensembles géographiques très différents : Au Nord, basse Bourgogne : moyennes vallées de l'Yonne et de l'Armançon , en amont d'Auxerre et de Tonnerre ; entre ces vallées (prairies, cultures maraîchères), bas plateaux calcaires et dénudés, avec quelques reliefs de côte (cultures de céréales). Au centre , partie du massif boisé du Morvan et plaines argileuses qui le ceinturent Bazois, Terre plaine, Auxois , plaine d'Autun (élevage). Haute Bourgogne : entre la région des sources de la Seine et le plateau de Langres : hauts plateaux calcaires, boisés et dépeuplés, climat rude (la "Montagne", qui s'abaisse par paliers au-dessus des plaines de la Saône). Côte d'Or , dernier escarpement (sur ses premières pentes, vignobles). Pays bas , plaines alluviables entourant la Saône (polyculture ; forêts dans le val de Saône, cultures maraîchères). Au Sud-Est et au Sud : Bresse et bordure est du Massif central (massif cristallin de l'Autunois , et dépression de Montceau-les-Mines et du Creusot) ; Charolais calcaire à l'ouest, cristallin à l'est, grande région d'élevage ; Mâconnais , polyculture et élevage. A l'Ouest : Nivernais , élevage, forêts, coteaux à vignes au bord de la Loire (Pouilly).

Vignoble du sud de Dijon au Beaujolais (côtes de Nuits, de Beaune, chalonnaise, mâconnaise).

Histoire. Avant J.-C. Depuis le -VIIe . la future B. participe aux systèmes d'échanges lointains ainsi qu'en témoigne le trésor de Vix (près du Mt Lassois) : mobilier funéraire, fin VIe s. avant J.-C. composé de pièces d'origine grecque (dont un grand cratère), scythe, étrusque et celtique.
121 les Éduens, qui en occupent une grande partie (Nièvre, Saône-et-Loire et Côte-d'Or actuelles), sont alliés de Rome.
61 battus par les Germains d'Arioviste, ils appellent les Romains à leur aide.
58-52 alliés de César dans la guerre des Gaules.
52-7 ils se rallient à Vercingétorix qui, proclamé chef de la révolte à Bibracte, doit capituler à Alésia .
13 rattachée à la Lyonnaise par la réforme administrative d'Auguste.
Après J.-C. 21 révolte de Sacrovir ; Autun devient un des principaux centres intellectuels de l'Empire.
IIIe s. -IIIe sac d'Autun par Tetricus (269), ravages des Alamans (276), puis pays partagé entre Ire et IVe Lyonnaise (Sénonaise) dans le diocèse des Gaules.
IVe et Ve s. -IVe -Ve régression de l'autorité romaine ; expansion du christianisme (saint Germain, évêque d'Auxerre en 418). Multiples invasions, notamment celles des Burgondes fuyant devant les Huns, après celles de 355 et de 406 ; occupation du N.-E. de la région par les Alamans.
443 le nom de Burgondia apparaît. Il désigne des entités différentes.
443-75 la B. est la Suisse romande actuelle, où les Burgondes, envahisseurs germaniques, ont été établis comme colons.
475-534 la B. est le royaume de Gondebaud, qui a refoulé les Alamans, pris Dijon en 479, puis étendu son domaine jusqu'à la Saône, au Rhône et à la Provence intérieure. Gondebaud promulgue une Lex burgundionum loi " Gombette ") et, pour les " Romains ", une Lex romana burgundionum , mais perd Auxerrois et Champagne en luttant contre Clovis. Son fils Sigismond (vénéré comme un saint) se convertit au catholicisme, les Burgondes étant ariens.
534-843 conquête du pays par les Francs : fils et petits-fils de Clovis : Clotaire, Childebert, Thierry. Le nom de B. n'est plus qu'une appellation géographique sans limite administrative précise. Sous les Mérovingiens, puis les Carolingiens, le royaume bourguignon est à peu près le quart S.-E. de la France, sur le même plan que l'Aquitaine, la Neustrie et l'Austrasie. Roi le plus notable : Gontran (Mérovingien, 525-93) ; maire du Palais le plus notable : St Léger, évêque d'Autun (616-78).
843-1032 le mot a simultanément plusieurs sens différents : le duché de B . est la partie occidentale de l'ancienne Burgondie, à l'O. de la Saône, demeurée dans le royaume de Fr. après le partage de Verdun (843). La Saône devient la frontière entre B. royale à l'Ouest et B. impériale à l'Est. [Jusqu'au XIXe s., les bateliers parlent de la rive du Riaume (droite) et de la rive d'Empi (gauche).] A l'E. de la Saône et au S.-E. du Rhône, on continue à nommer B. certains terres, partie du lot de l'empereur Lothaire, notamment le comte palatin de B. (vers Franche-Comté) ; la B. transjurane (Suisse romande actuelle), devenue royaume en 888 ; et le royaume d'Arles (capitale Arles ou Vienne), appelé souvent royaume de Provence-Bourgogne , parce qu'il a été conquis en 933 par le roi de B. transjurane, Rodolphe II. A partir de 1032, le titre de "roi des Burgondes" passe à l'empereur germanique Henri III, neveu et héritier de Rodolphe III, roi de B. transjurane. Cela implique la souveraineté directe sur la Suisse et la suzeraineté sur la Franche-Compté et le royaume d'Arles, mais aucun droit sur la B. capétienne.

   Duché de Bourgogne : 843 -IXe Xe s. séparé des autres terres bourguignonnes ; disputé par les Carolingiens de Francia occidentalis et par les rois possédant le reste de la B.
877 Richard le Justicier (Ü 921, Cte d'Autun, frère de Boson, beau-frère de Charles le Chauve) profite des invasions scandinaves pour prendre le titre de duc. A sa mort, il possède les comtés d'Autun, d'Auxerre et de Sens, et contrôle, avec ses comtes, presque toute la B. au sens actuel de Langres à Dijon, de Troyes à Chalon, de Tonnerre à Brienne.
921 Hugues le Noir (Ü 17-12-952) frère de Raoul
. 923 Raoul (Ü 936) fils de Richard devient roi de France.
936 Giselbert (Ü 956) Cte de Chalon, épouse Ermengarde, sœur d'Hugues et devient duc.
952 Otton (Ü 965) fils du duc de France Hugues le Grand et frère d'Hugues Capet ; épouse Leudegarde, fille de Giselbert.
965 Eudes Henri (Ü 1002) frère d'Otton qui épouse Liégeart, petite-fille d'Hugues le Noir.
1002-16 occupé par Robert II le Pieux (Ü 1031), roi de France, neveu d'Eudes Henri, qui empêche Otte Guillaume (fils adoptif d'Eudes Henri) de s'en emparer.
1016 Henri (1008-1060), 2e fils de Robert II.
1031 devient roi de France et donne le duché, amputé des comtés de Sens et de Nevers, à son frère Robert Ier (Ü 1075, tige de la maison capétienne de B. qui s'éteint 1361) ; parmi les branches cadettes, celles du Viennois (issue du duc Hugues III) et de Portugal (issue de Henri, Cte de Lusitanie, frère des ducs Hugues Ier et Eudes Ier ).
Du IXe au XIe s. -IXe -XIe indépendant de fait, mais empiétements des nombreux seigneurs laïcs et ecclésiastiques.
1075 Hugues Ier (vers 1056- vers 1093) petit-fils de Robert Ier , abdique ; se fait moine à Cluny.
1078 Eudes Ier Borel (Ü 1103).
1103 Hugues II (vers 1085-1143), fils d'Eudes.
1143 Eudes II (Ü 1162 ), fils d'Hugues II.
1162 Hugues III (1162-92), fils d'Eudes II, se heurte à Philippe Auguste et meurt isolé en Terre sainte, puis les ducs, fidèles vassaux du roi de Fr., assurent leur domination sur tout le duché et accroissent leur domaine propre.
1193 Eudes III (1166-1218), fils d'Hugues II.
1218 Hugues IV (1213-1272), fils d'Eudes III.
1272 Robert III (Ü 1305), fils d'Hugues IV, épouse (1279) la fille de St Louis (roi de Fr.).
1305 Hugues V (Ü 1315), fils de Robert.
1315 Eudes IV (Ü 1350), 2e fils de Robert, épouse Jeanne (fille aînée du roi Philippe V), hérite de l'Artois ; une ligue arrache la " charte aux Bourguignons " : le roi Jean le Bon reconnaît les coutumes locales de B. et s'engage à ne pas modifier la fiscalité sans accord avec les États.
1350 Philippe Ier de Rouvres (1346-61), fils de Philippe (Ü 1346), petit-fils d'Eudes IV ; création d'une Chambre des comptes de type parisien, tenue des Grands Jours (session temporaire d'une cour de justice d'appel dans le ressort du Parlement de Paris, puis tribunal permanent).
1352 réunion des premiers états de B.
1357 épouse Marguerite de Flandre (1350-1405), fille de Louis II de Mâle, Cte de Flandre.
1361 Philippe meurt de la peste à 17 ans sans enfant (Charles le Mauvais, héritier le plus direct, est écarté). Jean le Bon, époux en 2es noces de Jeanne de Boulogne, mère de Philippe, prend possession du duché ; le duché est complété d'enclaves royales, rattaché à la Couronne, et doté d'un gouverneur.

1364 Philippe II le Hardi (17-1-1342/26-4-1404), 4e fils de Jean II le Bon, roi de France, frère du roi Charles V, reçoit le duché en apanage le 2-6-1364.
1369 il épouse Marguerite de Flandre, veuve de Philippe de Rouvres.
1384 recueille, à la mort de Louis de Mâle, les comtés de Flandre, Bourgogne, Artois, Nevers, les seigneuries de Salins, Malines et Anvers.

1404 Jean sans Peur (28-5-1371/10-9-1419), fils de Philippe II, duc de B., fait tuer son cousin germain Louis [duc d'Orléans], chef des Armagnacs et corégent avec le duc de Berry (leur neveu, le roi de Fr. Charles VI, étant fou)] le 23-11-1407 à Paris.
1408 maître de Paris, soutenu par l'université et les bouchers.
1413 chassé de Paris.
1418 y rentre.
1419 va se rapprocher du Dauphin, entrevue ménagée avec lui à Montereau sur le pont, mais Tanguy du Châtel le tue (10-9) d'un coup de hache ; la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons rebondit.

1419 Philippe III le Bon (31-7-1396/15-6-1467), fils de Jean sans Peur, passe dans le camp anglais (1420-35) ; épouse . 1°) 1420 Michèle (1395-1422), fille de Charles VI. 2°) 1424 Bonne d'Artois (Ü 1425), veuve du Cte Philippe de Nevers (frère de Jean Sans Peur). 3°) 1429 Isabelle de Portugal (Ü 1472).
1429 fonde l'ordre de la Toison d'or .
1435 traité d'Arras , se réconcilie avec le roi, est dispensé de prêter hommage (le roi Charles VII était tenu pour responsable de l'assassinat de Jean sans Peur) ; obtient les Ctés d'Auxerre et de Mâcon (conquis 1419) ; il accroît ses domaines par achats, mariage et héritages ; comtés de Namur (1421), Hainaut, Hollande, Frise et Zélande (1428), duchés de Limbourg, Lothier, Brabant (1430), Luxembourg (1431).
1433 unifie la monnaie d'or (émission du philippus ou ridder).
1459 promulgue les " Coutumes générales du pays et duché de B. ". Cour établie à Bruxelles.

1467 Charles le Téméraire (10-11-1433/5-1-1477), fils de Philippe III et Isabelle de Portugal, reçoit le pouvoir temporel dans la principauté ecclésiastique de Liège.
1467-68 soumet les Liégeois ; établit à Malines Parlement et Chambre des comptes.
1469 achète les droits de Sigismond en Alsace.
1473 acquiert duché de Gueldre ; essaye de se faire reconnaître roi des Romains par l'empereur Frédéric III.
1475 occupe la Lorraine.
1476 doit l'abandonner.
1477-5-1 meurt devant Nancy, vaincu par une coalition (Alsaciens, Lorrains, Suisses) financée par Louis XI. L'État bourguignon est alors démembré, la B. ducale est envahie par les troupes royales et conquise par Louis XI.
1482-23-11 traité d'Arras : l'empereur Maximilien renonce aux droits de sa femme, Marie de B., fille du Téméraire, sur le duché. Louis XI lui rend l'Artois et le C de Bourgogne.
1493 échec du projet de mariage entre Charles VIII et Marguerite d'Autriche (fille de Maximilien) qui garde la dot prévue en 1482 (Comté et Charolais).
1559 traité du Cateau-Cambrésis : les contestations entre Fr. et Habsbourg à propos du duché prennent fin.

Le duché de B., à partir de Louis XI, ne sortira plus du domaine royal ; le titre honorifique de duc de B. sera porté par Louis (1682-1712), petit-fils de Louis XIV, fils du Gd Dauphin, et par le frère aîné de Louis XVI (1751-61).

Institutions. Chacun des États avait ses traditions et ses institutions, mais les ducs menèrent une politique inlassable d'unification : territoires découpés en bailliages à la fin du règne de Philippe le Bon (5 dans le duché, 3 en ComtéÖ) ; 3 chambres des comptes (Dijon, Lille, Bruxelles) ; justice répartie entre les Jours généraux de Beaune et de Dole, le conseil des Flandres de Gand, la cour de Brabant et la cour de Hollande ; réunions d'états en B. ducale, en Comté et en Flandre ; coutumes de plusieurs pays collationnées et promulguées ; abolition, par Charles le Téméraire, de plusieurs organes locaux au profit des conseils de Malines (Parlement souverain créé en 1473 par Charles le Téméraire pour les Pays-Bas pour supprimer l'appel au Parlement de Paris) ; structuration du pouvoir central, qui se déplace de Dijon à Bruges, Gand, Hesdin ou Lille : duc assisté d'un grand conseil présidé par le chancelier [Nicolas Rolin (Ü 1461) fut le plus célèbre], entouré de grands officiers ; gestion des finances dirigée par un " receveur de toutes finances ", contrôlé par un trésorier-gouverneur et supervisant 2 receveurs généraux qui nomment des receveurs particuliers ; armée régulière de 32 compagnies d'ordonnances, organisée par Philippe le Bon (s'y ajoutent contingents féodaux et levées de mercenaires) ; à partir de 1429, l'ordre de chevalerie de la Toison d'or symbolise la puissance et le rayonnement du " grand duc d'Occident ".

Après Louis XI , -XVIe -XVIIe le parlement de Dijon (définitivement établi 1480) et la Chambre des comptes subsistent ; un gouverneur remplace le gouverneur ducal ; les états de B. continuent à se réunir (l'hostilité des B. fait rapporter, en 1631, un édit de 1629 transformant la province en pays d'élection). Généralité de B., avec un bureau des finances, est une installation de " commissaires départis " bientôt " intendants de justice, police et finances ". Extension de la province : 1561 annexions des 3 élections, anciennes enclaves royales. 1601 de Bugey, Valromey et pays de Gex (Ain actuel). Ébranlée par les guerres de Religion en 1562, 67, 89 et 95, la B. voit la défaite des Espagnols et des ligueurs par Henri IV (Fontaine-Française, 1595). De nouveau ruinée par la guerre de Trente Ans ; à partir de 1678, protégée par le bastion de la Franche-Comté. 1639 du C d'Auxonne. 1671 de l'élection d'Auxerre. 1721 de Bar-sur-Seine. 1751 du C de Charolais (récupéré sur Habsbourg en 1684) ; seul le Mâconnais conserve son élection et ses États jusqu'à la Révolution. Le ressort du parlement de Dijon a des limites différentes (ne contrôle pas Auxerre, Bar et Mâcon, mais englobe successivement Bresse, Bugey, pays de Gex et Valromey, puis principauté des Dombes). -XVIIIe prospérité. Création à Dijon d'une faculté de droit en 1722, d'une académie en 1740.A la Revolution divisée en : Saône-et-Loire, Côte-d'Or, Ain, une partie de l'Yonne.

 

D'après Quid 1999