Bourgogne - Région administrative

 

Les données du Quid

Bourgogne (région administrative), région administrative du Centre-Est de la France, recouvrant la majeure partie de l'ancien duché de Bourgogne.

 

Aspects physiques

La région Bourgogne ne présente pas d'unité naturelle. Zone de seuil entre le Bassin parisien et le Sillon rhodanien, elle est formée de plusieurs ensembles différents : à l'est, on trouve des plaines d'effondrement (plaine de la Saône); au nord et à l'ouest, de bas plateaux de bassins sédimentaires formant la Basse-Bourgogne (région de Chablis et d'Auxerre); au centre, des plateaux calcaires (côte et arrière-côte); au sud, des massifs anciens et des zones accidentées (massif du Morvan, collines du Charolais, monts du Mâconnais).

 

Au-delà de la Côte-d'Or, rebord du dernier gradin de la «montagne» dijonnaise (haut plateau calcaire), s'étend la plaine d'effondrement de la Saône (altitude : environ 200 m). Cette plaine alluviale, où se jettent différents affluents de la Saône (Tille, Dheune, Doubs, Grosne, Brenne, Sevron), forme, au sud de la région, le Nord de la Bresse.

Les bas plateaux de la Basse-Bourgogne s'élèvent par palier vers le sud-est. En Pays d'Othe, les reliefs sont plus marqués qu'en Sénonais et en Auxerrois où les altitudes ne dépassent pas 150 à 200 m. Le cours de l'Yonne s'y encaisse. Au sud de Joigny, l'Armançon puis le Serein rejoignent l'Yonne, un peu au sud du point de départ du canal de Bourgogne qui se prolonge jusqu'à Dijon où il rejoint la Saône. Au sud d'Auxerre, le relief s'élève avec la Puisaye à l'ouest de l'Yonne, où s'enfoncent l'Ouanne et le Loing, et avec la Terre-Plaine à l'est de l'Yonne, où coulent le Serein, le Cousin et la Cure.

Plus au sud, le relief s'accentue encore avec les plateaux qui bordent le massif du Morvan. À l'ouest de celui-ci, le Nivernais et le Bazois sont bordés au nord-ouest par le Nohain, et creusés par l'Yonne et la Nièvre. Le canal du Nivernais les traverse du nord au sud, reliant l'Yonne (à l'ouest de Vermenton) à la Loire (près de Decize). La Loire borde le Nivernais au sud et délimite avec l'Allier la Sologne bourbonnaise. À l'est du Morvan, s'étend l'Auxois (qui culmine au mont Auxois à 407 m), où coulent le Serein, l'Armançon et la Brenne ainsi que le canal de Bourgogne, au-delà desquels commence à l'est le plateau de Langres. Celui-ci est traversé par l'Ource et la Seine, qui y prend sa source. Les altitudes avoisinent souvent les 500 m. Au sud, les collines de l'Auxois surplombent l'Ouche, au sud de laquelle s'élèvent la montagne dijonnaise et la célèbre Côte, dont l'ensoleillement est si propice aux vignobles. Le point culminant en est le mont Afrique, à 600 m d'altitude. Au sud du Morvan, s'étend un vaste plateau, bordé par la Loire à l'ouest, dominé au nord par les collines de l'Autunois et dont la partie sud forme le Charolais. Au sud-est, débutent les monts du Mâconnais. Au sud-ouest de Mâcon, se dresse la roche de Solutré, bel escarpement calcaire (495 m d'altitude), rendu célèbre par l'ascension qu'en faisait chaque année le président François Mitterrand. Plusieurs vallées, d'orientation globale sud-ouest/nord-est, y dessinent quelques modelés plus prononcés (Arroux, Bourbince, Arconce, affluents de la Loire, Dheune et Grosne, affluents de la Saône). C'est dans la dépression de Dheune-Bourbince que se situe le bassin houiller qui fit la richesse de la région au XIXe siècle.

Le massif du Morvan domine la région de ses reliefs élevés. Massif primaire usé par l'érosion puis soulevé à nouveau à l'ère tertiaire, le Morvan s'abaisse doucement vers le nord. Les principaux points culminants se situent donc au sud, avec le Bois-du-Roi (Haut-Follin) à 901 m, le mont Beuvray (821 m) et le mont Préneley (855 m). Le relief est découpé par les rivières qui y prennent leur source (Yonne, Cure, Cousin) et ponctué de lacs dont le principal est le lac des Settons (359 ha, à 573 m d'altitude) sur lequel un barrage permet de constituer un réservoir de 21 millions de m3. Le barrage de Pannesière-Chaumard forme une importante retenue (82,5 millions de m3) de 7,5 km de long.

Les contrastes du relief se retrouvent dans les caractères climatiques de la région Bourgogne. En effet, on peut distinguer trois ensembles : la plaine de la Saône, le Morvan et les plateaux du Bassin parisien.

La plaine de la Saône présente en été des températures assez élevées (19,6°C à Dijon en juillet), souvent supérieures à 20°C, avec des pluies variables mais des orages fréquents. En hiver, des périodes tempérées, mais neigeuses, alternent avec de grands froids (1,6°C à Dijon en janvier). Les précipitations varient entre 600 et 800 mm annuels.

Le Morvan reçoit des précipitations abondantes en été et les températures restent fraîches, surtout lorsque l'altitude s'élève. En hiver, la neige tombe abondamment et les températures sont plutôt basses (entre 0 et 2°C à basse altitude). Les précipitations annuelles sont donc importantes, supérieures à 1 000 mm et même souvent à 1 500 mm, et au sud, elles dépassent les 2 000 mm sur les plus hauts reliefs.

Les plateaux du Bassin parisien présentent en été une alternance de temps pluvieux et frais et de temps chaud et sec, avec des températures moyennes comprises entre 18 et 20°C. En hiver, le temps est là encore variable, tantôt tempéré et humide, tantôt sec et froid. Les températures moyennes s'étalent de 2 à 4°C. Les précipitations annuelles sont de 600 mm à 800 mm. Le plateau de Langres affiche un climat plus rigoureux que les autres en hiver, avec des températures plus froides (0 à 2°C) et des chutes de neige plus nombreuses; c'est pourquoi les précipitations annuelles y sont plus abondantes, entre 800 et 1 000 mm. Une bise assez forte y souffle.

 

Découpage administratif

La région s'étend sur quatre départements : la Côte-d'Or, la Nièvre, la Saône-et-Loire et l'Yonne. Le chef-lieu de la région est Dijon, également chef-lieu du département de la Côte-d'Or, dont les chefs-lieux d'arrondissement sont Beaune et Montbard. La Nièvre a pour chef-lieu Nevers et pour chefs-lieux d'arrondissement Château-Chinon, Clamecy et Cosne-Cours-sur-Loire. Mâcon est le chef-lieu du département de la Saône-et-Loire dont Autun, Chalon-sur-Saône, Charolles et Louhans sont les chefs-lieux d'arrondissement. 

Enfin, le chef-lieu du département de l'Yonne est Auxerre, avec Avallon et Sens pour chefs-lieux d'arrondissement. Les cours d'assises sont situées dans les chefs-lieux de département, exception faite de celle de Saône-et-Loire, implantée à Chalon-sur-Saône. Les cours d'appel dont relève la région sont celles de Bourges, Dijon et Paris. La région appartient à la 6e région militaire et à la 1re région aérienne, mais la présence militaire y est faible. Sens est le siège d'un archevêché et Autun, Dijon et Nevers sont des évêchés.

 

Économie

Agriculture

Le secteur primaire associe cultures (60 p. 100 de la valeur de la production) et élevage (40 p. 100). Il est important pour la région puisqu'il représente près de 10 p. 100 des emplois (France : 6,8 p. 100) pour 10,2 p. 100 du produit intérieur brut (PIB). Une bonne part des cultures est composée de productions céréalières; la région fournit ainsi 850 000 tonnes d'orge (3e rang national), 260 000 tonnes de colza (3e rang) et 1 800 000 tonnes de blé. Cependant, c'est pour son vignoble que la région est la plus réputée. Elle produit 1 400 000 hectolitres de vins de qualité, avec des grands crus célèbres dans le monde entier : côte de Nuits (Clos-Vougeot, Gevrey-Chambertin, Nuits-Saint-Georges, etc.) et côte de Beaune (Aloxe-Corton, Pommard, Meursault, Puligny et Chassagne-Montrachet, Santenay, etc.) sont les plus réputés, mais la région a de vastes vignobles dans la côte chalonnaise et dans le Mâconnais. Plus au nord de la région, se trouvent également les vignobles des coteaux de l'Auxerrois, du Chablis et du crémant de Bourgogne. À l'est, sur les rives de la Loire, se trouve encore le plus restreint vignoble de Pouilly. Chaque année se déroule aux hospices de Beaune une célèbre vente aux enchères de vins de Bourgogne. Ces pays de vignobles sont incontestablement les régions agricoles les plus vivantes en Bourgogne. L'élevage est lui aussi important, puisque la région arrive au 5e rang national pour son troupeau bovin, avec 1 400 000 têtes. La race à robe blanche du Charolais est particulièrement réputée pour la qualité de sa viande. Une opposition nette de paysage se fait sentir entre les pays d'embouche à caractère bocager (Auxois, Bazois, Nivernais, Charolais) et les plateaux céréaliers. Les cultures maraîchères sont localement présentes, autour de Chalon-sur-Saône, au sud d'Auxonne, au nord d'Auxerre et au nord-est de Joigny principalement. Les ressources du sous-sol ont été importantes dans la région avec l'exploitation du bassin houiller de Blanzy; on extrait des hydrocarbures à Gisy-les-Nobles, de la fluorine sur plusieurs sites du Morvan, du kaolin entre la Loire et l'Allier (nord de la Sologne bourbonnaise), et de l'uranium à Vaussègre-Grandy et aux Jalerys (usine de concentration à Gueugnon). Deux centrales thermiques sont implantées dans la région, l'une à Lucie au sud du Creusot et l'autre à Chalon-sur-Saône, et une petite centrale hydroélectrique complète le barrage de Pannesière-Chaumard dans le Morvan.

Industrie

Le secteur secondaire reste important avec 24,8 p. 100 des actifs régionaux (France : 22,9 p. 100), malgré les nombreuses pertes d'emplois des activités traditionnelles de l'extraction minière et de la sidérurgie (Le Creusot, Montceau-les-Mines). L'activité industrielle s'est en effet fortement transformée, avec la quasi-disparition des activités héritées du XIXe siècle (Le Creusot fut le site historique de l'entreprise Schneider) et par exemple le drame que constitua pour la région la disparition du groupe Creusot-Loire. Les quelques activités métallurgiques restantes (Montbard, Imphy, Gueugnon) sont en diminution d'effectifs constante. Les restructurations ont touché également le secteur de l'agroalimentaire (très spécialisé autour de Dijon dans la production de moutarde — société Amora, première entreprise dijonnaise —, d'escargots et de liqueurs de fruits rouges, spécialités réputées), de l'habillement (Dim à Autun), de la chimie, affectant les villes d'Auxerre ou Montbard, la région dijonnaise et la Bresse. En revanche, la sous-traitance et, surtout, la plasturgie, soutenue par des centres techniques et des pôles de formation dans le Sénonais, notamment, et en Saône-et-Loire (Chalon, Le Creusot, la Bresse), résistent bien dans ce contexte de dévitalisation continue du tissu industriel régional. À Chalon-sur-Saône, il a été décidé de mieux utiliser l'expérience de la ville dans le domaine de la photographie (c'est la cité de Nicéphore Niépce, la société Kodak y emploie 3 000 salariés et des activités parallèles comme la verrerie s'y développent) et d'y créer une «vallée de l'image». Le secteur pharmaceutique est important à Dijon (Synthélabo) et à Chalon-sur-Saône.

Services

Le secteur tertiaire est encore sous-représenté dans la région, avec 58,3 p. 100 des actifs (France : 63,1 p. 100). Son rôle traditionnel de carrefour s'est estompé avec les tracés adoptés pour l'autoroute et le TGV, qui laissent la capitale régionale à l'écart, ne lui permettant pas de jouer tout à fait son rôle. Cependant, cette vocation de point de rencontre nord-sud est toujours présente, comme l'atteste l'organisation régulière de sommets franco-allemands dans la région (Beaune; Dijon en 1996). Le secteur de l'enseignement supérieur n'est développé dans la région qu'à Dijon, et souvent en rapport avec la viticulture et l'agroalimentaire, domaines économiques essentiels. Ainsi, l'université de Dijon est complétée par une École nationale supérieure de biologie appliquée à la nutrition et l'alimentation (ENSBANA), et par deux écoles d'ingénieurs spécialisées dans les sciences agronomiques. L'université elle-même a renforcé l'offre de formation viticole et vinicole en ouvrant un institut universitaire de la vigne et du vin. En dehors de la Côte-d'Or, seul Le Creusot dispose d'un IUT. La principale activité tertiaire est en fait le tourisme, actif dans cette région aux atouts culturels, historiques et gastronomiques. En effet, on peut y visiter de nombreux et remarquables sites historiques comme l'abbaye de Fontenay (seule grande abbaye bourguignonne bien conservée, contrairement à Cluny ou Cîteaux) et la basilique de Vézelay, le palais des ducs de Dijon, dont le musée renferme de nombreuses œuvres d'art remarquables, les hospices de Beaune (abritant l'admirable polyptyque du Jugement dernier peint par Van der Weyden) ou encore les majestueuses cathédrales d'Autun, Auxerre et Sens. Aspect plus récent, la mise en valeur du patrimoine industriel, en particulier au Creusot avec l'Écomusée ou encore dans la Nièvre, favorise une fréquentation touristique diffuse. Le tourisme fluvial est lui aussi important, grâce au riche réseau de canaux hérités du XVIIIe siècle. La Bourgogne bénéficie également de sites naturels intéressants, et le Morvan (parc régional) et ses lacs sont particulièrement appréciés des promeneurs. Depuis les septennats de François Mitterrand, dont le bastion politique fut la Nièvre, la roche de Solutré ou le musée du Septennat de Château-Chinon (qui rassemble les cadeaux faits au président) sont eux aussi devenus des lieux de curiosité. La gastronomie constitue pour le tourisme bourguignon un facteur attractif supplémentaire (qualité des vins, fromages, viandes, spécialités diverses, etc.).

Le réseau routier et ferroviaire est important dans la région. Son axe de base est l'autoroute Paris-Lyon, qui passe à Beaune et non à Dijon, même si celle-ci y est reliée par deux bretelles autoroutières. Elle est doublée par rail d'une ligne TGV ouverte depuis 1981 qui, là encore, dessert Dijon de façon annexe, l'arrêt sur la ligne directe Paris-Lyon étant Mâcon. Une autoroute relie également Dijon à Nancy et, au-delà, aux pays d'Europe du Nord, tandis qu'une autre part de Beaune vers Besançon, Mulhouse et l'Allemagne. Au nord de la région, la liaison par l'autoroute A 5 entre Paris et Troyes (ouverte en décembre 1994) va dans le sens d'un renforcement du développement du triangle Sens-Troyes-Auxerre, zone d'expansion de la région parisienne. L'ouverture d'un canal à grand gabarit Rhin-Rhône est toujours en discussion, de même que la construction d'une rocade de contournement de Dijon. L'absence d'aéroport dans la région est un handicap notable pour le développement régional.

Superficie : 31 582 km2; population (1990) : 1 609 653 habitants.