Le calendrier révolutionnaire constitue un des bouleversements opérés par la Révolution. Bouleversement dans l’année qui commence le 22 septembre au lieu du 1er janvier ; dans les mois de trente jours qui changent de nom ; dans la division mensuelle, la décade remplaçant la semaine (1).
Autre changement profond : les fêtes religieuses, les saints et les saintes disparaissent du calendrier au profit des outils aratoires et d’un monde botanico-géologique dont la place dépend des saisons.
L’état civil s’est ressenti de ces perturbations politico-calendaires. Certains parents ont continué a donner à leurs enfants des prénoms chrétiens mais aussi républicains ou révolutionnaires ou parfois les deux.
Le Bugey et le pays de Gex n’ont pas échappé à ces nouvelles règles. Nous examinerons successivement la répartition cantonale du « nouveau style », l’origine des nouveautés et la sociologie des parents qui n’ont pas hésité à s’engager dans un domaine entièrement nouveau.
La répartition cantonale
Tous les cantons ne présentent pas de prénoms révolutionnaires : c’est le cas de Brénod, Champagne, Hauteville, Seyssel, Châtillon-en-Michaille. Oyonnax n’a pas suivi la mode, mais le registre d’Arbent, tout près, en comporte trois. Par contre, si Nantua est assez bien fourni, Montréal (La Cluse) n’en a aucun sur trente inscrits.
La deuxième remarque concerne le nombre de prénoms au chef-lieu de canton et rarement ailleurs. Mornay, chef-lieu en a deux sur sept, mais Izernore qui le remplace plus tard, un sur vingt-six ;
Virieu-le-Grand est réduit à l’unité ; Ferney n’en présente que deux ; Lhuis et Poncin, trois ; Lagnieu, quatre ; Ambérieu, cinq ; Collonges, sept ; Gex et Nantua, onze. Enfin Belley émerge du lot avec ses quarante prénoms.
Pourtant, ce qui compte, c’est le pourcentage par rapport au total des prénoms enregistrés. A ce sujet, nous avons privilégié l’an 2 qui couvre plus de 90 % du total. C’est pour cette année républicaine qu’ont été calculés les pourcentages dont voici le tableau :
— Entre 3 et 5 % : 4 cantons.
— Entre 5 et 10 % : 4 cantons.
— Entre 10 et 20 % : 2 cantons.
— Au-dess. de 20 % : 2 cantons.
Voyons, pour terminer, la répartition dans le temps, 1793, an 2, an 3. C’est évidemment l’an 2 qui l’emporte avec plus de 90 % des cas (2) (dont 37 à Belley). 1793 vient loin derrière avec onze prénoms, (dont quatre à Nantua et deux à Belley). Seuls deux parents se sont engagés en l’an 3 à Belley (3) et Nantua (4).
Qu’en est-il de la répartition mensuelle ? Tous les mois, sauf vendémiaire, ont répondu « présent ». En voici le tableau :
|
Vendémiaire |
0 |
|
Germinal |
10 |
|
||
|
Brumaire |
7 |
8 |
Floréal |
10 |
25 |
||
|
Frimaire |
1 |
|
Prairial |
5 |
|
||
|
|
|
|
|
|
|
||
|
Nivôse |
12 |
|
Messidor |
8 |
|
||
|
Pluviôse |
12 |
35 |
Thermidor
|
8 |
22 |
||
|
Ventôse |
11 |
|
Fructidor |
6 |
|
||
Relativement faible en automne (sauf sept en brumaire), le nombre des prénoms républicains a culminé en hiver (douze par mois) pour descendre au printemps (si germinal et floréal se maintiennent, prairial accuse une forte baisse) et se stabiliser à vingt-deux (soit 24,4 % en été).
Belley suit à peu près le même rythme. Sa place dans le total représente la moitié en automne et 40 % ensuite.
On signalera enfin que Nantua, Collonges, Gex et Lagnieu ont donné chacune en pluviôse deux prénoms, soit huit sur douze, et que, en thermidor, Saint-Rambert a fourni la moitié des mentions.
(1) Les mois, de trente
jours, portaient les noms suivants choisis par le poète FABRE d’ÉGLANTINE
: vendémiaire, frimaire, brumaire pour l’automne ; nivôse, pluviôse,
ventôse pour l’hiver ; germinal floréal, prairial pour le printemps ;
messidor, thermidor, fructidor pour l’été. Ce qui fait 360 jours.
A la fin de l’année, on
ajoutait 5 jours complémentaires et, les années bissextiles, 6.
(2) Par exemple, à Bourg,
17 sur 19, à Montluel, 38 sur 38, à Trévoux, 17 sur 21, à Thoissey, 16 sur
16. Nantua fait exception à la règle avec 6 prénoms en 1793, 6 en l’an
2 et 1 en l’an 3.
(3) Une « fille non
mariée » qui a appelé son fils Brutus
en présence de deux témoins.
(4) Le 10 nivôse, Ascagne Antoine Marie, fils du citoyen LESSARD.
Origine des nouveautés
On trouve tout d’abord l’Antiquité, qui fut abondamment utilisée (33 noms, soit un bon tiers).
La légende a donné Numa à Saint-Rambert, sans doute Numa POMPILIUS, deuxième roi légendaire de Rome, qui aurait régné de 715 à 672 av. J.-C. Le père est homme de loi et a attribué un second prénom à son fils, Hadrien (souvenir de l’empereur romain ?).
La légende intervient encore à Nantua avec le choix d’Ascagne, fils d’ENÉE et de CREUSE. Selon VIRGILE (Enéide), après la prise de Troie, emmené par son père en Italie, il fonda Albe-la-Longue. Il fut considéré comme l’ancêtre de la famille romaine JULIA (CÉSAR).
L’histoire grecque est mise à contribution une fois et peut-être deux. Avec Thaïs, on rencontre la célèbre courtisane athénienne (IVe siècle av. J.-C.), qui fut la maîtresse d’ALEXANDRE-LE-GRAND. On peut douter que le cultivateur d’Arbent qui l’a choisie ait connu son histoire. Peut-être fut-il conquis phonétiquement ou bien parce que ce terme faisait antique. On peut aussi penser à l’influence de l’officier d’état civil.
C’est aussi d’Arbent que nous vient Nicétas (5). On ne trouve pas de personnage portant ce nom. Est-il pris pour Nicias ou pour Nicéphore PHOCAS — Nice (Phore Pho) Cas ? — Le doute subsiste.
Par contre, le prénom de Bélisaire désigne, lui, un personnage bien connu. C’était un général byzantin du VIe siècle (494-565). Ce général de JUSTINIEN sauva la monarchie en réprimant la sédition Nika et il devint indispensable. Il remporta de grandes victoires en Afrique, Italie (défense de Rome, prise de Ravennel). Plusieurs fois disgracié, il fut rappelé par l’empereur. Mais s’il ne put garder Rome, il sauva Constantinople. Impliqué dans une conspiration, il perdit toutes ses charges. Une légende fameuse a fait de BELISAIRE un personnage aveugle et mendiant pour vivre ; mais elle ne présente aucune consistance (7).
Mais c’est l’histoire romaine et surtout la période républicaine qui furent les plus prisées.
On peut classer les prénoms en trois séries.
— D’abord les héros.
En premier lieu Horace, l’un des trois champions qui représentèrent Rome dans le combat contre les CURIACES et qui réussit, par ruse, alors que ses deux frères étaient tués, à vaincre ses adversaires en les affrontant l’un après l’autre (8).
Vient ensuite Mucius SCAEVOLA, héros de la fin du VIe siècle avant J.-C. qui, durant la guerre contre les Étrusques, s’introduisit dans le camp ennemi pour tenter de tuer le chef, PORSENNA. Fait prisonnier, il se laissa brûler la main droite plutôt que de dénoncer ses complices, d’où son surnom (Scaevola, le gaucher). Il figure à Belley sous le nom de Mucius et à Ambérieu et Gex sous celui de Scevola (9).
Le seul prénom féminin est celui de Lucrèce, dame romaine outragée par le fils de TARQUIN le SUPERBE et qui se tua de désespoir, ce qui entraîna la chute de la royauté. On le rencontre à quatre reprises, une fois à Lagnieu, mais trois fois à Belley (an 2) (10).
On peut rapprocher de ce prénom celui de la Lucrèce
plébéienne. Virginie était une jeune fille qui excita la passion d’Apius
CLAUDIUS, l’un des décemvirs (11). Mais Virginie, fiancée à un
tribun de la plèbe, dédaigna ses avances. Pour se venger, celui-ci
L’agent de la commune de Chazey-Bons qui choisit ce pré- nom connaissait-il ce récit ? C’est peut-être l’officier d’état civil, plus instruit, qui le lui a soufflé.
(5) Stratège et homme
politique athénien mort à Syracuse en 413 avant J.-C.
(6)
Empereur byzantin qui régna de 921 à 969.
(7)
Dramaturges, musiciens et peintres se sont inspirés de la vie du grand
homme... et de sa légende. On citera la tragédie du Rotrou (1643), La
Calprenède (1659). Les opéras de 1796, musique de PHILIDOR, de 1806
sur une musique de DONIZETTI. Les tableaux représentent Bélisaire demandant
l’aumône, comme ceux de VAN DYCK, DAVID, François GÉRARD. Enfin, une
romance de Népomucène LEMERCIER dont la musique de GARAT est cent fois
meilleure, connut un vif succès sous le Directoire.
(8)
Ce n’est certainement pas au poète HORACE que pense Jean-Baptiste THOLLON,
cultivateur du Vernay, hameau de Lagnieu, lorsqu’il choisit ce prénom le 15
frimaire an 2.
(9)
A Gex, il s’agit d’une fille, Jeanne
Camille, dont le père, Jean DUCIMETIER, est citoyen (5 janvier 1793).
(10)
On le signalera à Montluel (orthographié Lucresse)
et à Pont-de-Vaux.
(11) Les dix membres du collège chargé, après l’établissement de la République, de la rédaction de la loi des Douze Tables.
— Hommes politiques et
généraux
D’abord CINCINNATUS, que l’on trouve à Belley et curieusement orthographié Saint Cinnatus. Voilà un saint du calendrier républicain ! C’est le type de l’ancien Romain paysan, soldat et homme d’État. On serait venu l’enlever à sa charrue pour le nommer dictateur durant la guerre contre les Volsques. Vainqueur, il serait retourné à sa charrue en refusant les honneurs.
Fabius nous vient de Collonges. On le surnomme Cunctator (le temporisateur). Après la défaite du lac Trasimène (217 avant J.-C.), il sut, par sa tactique prudente, arrêter les progrès d’HANNIBAL, mais combattu par le parti populaire, il ne put empêcher les consuls de livrer la bataille de Cannes (216 av. J.-C.) où les Romains furent écrasés.
Quant au prénom de Scipion, il existe à Belley et Ferney. Dans cette famille illustre, on rencontre surtout SCIPION l’AFRICAIN, qui vainquit HANNIBAL à Zama. Il mourut en exil à Literne après avoir rédigé cette épitaphe « Ingrate patrie tu n’auras pas mes os. »
Scipion ÉMILIEN détruisit Carthage en 146 av. J.-C. et mourut mystérieusement pendant la discussion des lois agraires proposées par les Grecs auxquelles il était opposé. Le Scipion de Ferney (20 pluviôse an 2) était le fils d’un marchand, Anthelme VITTON. Son parrain (12) était Scipion L’HUILIER, commandant du bataillon du district de Louhans.
Pompée a été choisi par Gex. Le célèbre impérator (107-48 av. J.-C.), après des succès en Afrique et en Espagne, fut victorieux dans la guerre contre MITHRIDATE. Il forma le premier triumvirat avec CÉSAR et CRASSUS, mais entra en conflit avec CÉSAR qui le vainquit à Pharsale en 48 av. J.-C.
Tout le monde connaît la brillante carrière de CÉSAR, dont le prénom a sidéré un cultivateur de Collonges (le 28 pluviôse an 3), mais également, et plus tôt (en mai 1793), un citoyen de Nantua (13). Mais le prénom le plus utilisé fut celui de Brutus, que l’on découvre à cinq reprises dans le Bugey et Gex : Gex même, en 1793, Collonges, Lhuis et Saint-Rambert, en l’an 2, Belley, en l’an 3.
C’est un prénom très employé, par exemple six fois à Bourg (14), deux fois à Mirepoix (Ariège) (15). C’est qu’il était cher aux républicains parce qu’il évoque d’abord le consul qui n’hésite pas à faire exécuter son fils qui avait conspiré contre la République, mais aussi Marcus Junius BRUTUS, qui entra dans un complot contre CÉSAR, son père adoptif. Lorsque le vainqueur des Gaules l’aperçut au Sénat parmi ses assassins, il cessa de se défendre et s’écria : « Tu quoque fili mi » (Et toi aussi, mon fils).
Curieusement est accolé au premier Brutus le nom de son collègue au consulat, Valérien (ou Valerius PUBLICOLUS) qui a inspiré, le 6 messidor an 2, un cultivateur de Belley.
La période impériale revendique quatre prénoms. D’abord Agricola, général romain (40-93), qui conquit la Grande-Bretagne, était le beau-frère de TACITE qui écrivit son éloge funèbre. Un cultivateur d’Arbent et un sans profession de Belley, Jean-Louis BRILLAT, l’ont choisi.
Un officier municipal de Nantua, Arnaud REYDELLET (janvier 1793), qui connaît bien ses humanités, a préféré César Auguste, titre des empereurs et du premier d’entre eux. Mais deux empereurs ont attiré l’attention de deux pères de famille. Titus d’abord (auquel est adjoint Agricola) à Belley. Cet empereur romain qui régna de 79 à 81 fut très populaire et surnommé « les délices du genre humain ». Decius fut choisi de Pierre Philippe CHARCOT, 41 ans, juge de paix du canton de Virieu-le-Grand.
Cet empereur (249-251) déclencha la première persécution contre les chrétiens. Il devint par la suite le type même de l’empereur persécuteur. Il n’est pas interdit de penser que le père du petit Décius était partisan de la déchristianisation, d’autant plus que le second prénom est Albitte, démolisseur des clochers et églises du département de l’Ain.
— Les grands hommes
Un symbole de lutte contre la tyrannie est incarné par le prénom de Tell, adopté par un chapelier de Nantua, le 16 pluviôse an 2.
On peut ajouter Voltaire, choisi très tôt (5 janvier 1793) par Jean-François CARROZ, architecte à Belley.
Les grandes figures de la Convention sont illustrées par les prénoms de Barras à Belley, en floréal et messidor an 2 (16) — orthographié Barasse. Marat est présent deux fois dans la cité belleysane : pour un garçon de charpentier, en septembre 1793 et, le 18 brumaire an 2, pour une fille, dont le second prénom est Pierrette (17).
(12) On trouve Scipion
également à Bourg, Thoissey, Trévoux. Dans cette même ville, le
parrain porte ce nom qu’il a ajouté à ses prénoms chrétiens.
(13) Ajoutons deux Burgiens,
un jardinier et un marchand en germinal et prairial an 2.
(14) Pour Bourg, on se
reportera à notre article « Les prénoms républicains à Bourg-Régénéré
en 1793-1794 » (Nos Ancêtres et
Nous n° 43, juillet 1989, p. 63-64).
(15) Voir notre article «
Les prénoms révolutionnaires à Mirepoix (Ariège) et Montluel (Ain) sous la
Révolution », in Revue de
Comminges, 1er
trim. 1993, p. 73 à 85.
(16) Le père, Guillaume
FOURNIER, est sans profession. C’est lui qui a choisi également Saint-Just
et Saint-Cinnatus.
(17) La « dévotion
» envers le personnage se manifeste aussi à Bourg (pluviôse),
Pont-de-Vaux (nivôse et ventôse), Trévoux (pluviôse). On sait qu’il fut
assassiné par Charlotte CORDAY le 25 messidor an 1.
Toujours à Belley, on remarque Saint-Just, en floréal an 2. Mais on ne trouve nulle part de Robespierre.
Louis BOLLET, tailleur d’habits à Belley, a pris Georges François Dampierre (18).
Restent deux choix dont les origines ne sont pas claires (19) et un troisième qu’on ne sait où classer (20).
Nous avons déjà rencontré Albitte (21), qui convenait particulièrement au juge de paix de Virieu-le-Grand.
La cité de BRILLAT-SAVARIN se distingue par trois prénoms politiques :
— La Convention, chez un charpentier, le 17 ventôse an 2 ;
— Montagnarde, pour la fille d’un officier de santé (avec Lucrèce), le 13 ventôse an 2 ;
— Sans-Culotte, chez un cordier, le 16 nivôse an 2. On le trouve aussi à Pont-de-Veyle pour le 3e jour Sans-Culottide (19 septembre).
— Les autres choix
Les vertus républicaines sont honorées à l’état civil.
|
Date |
Lieu |
Profession du père |
|
— |
— |
— |
|
Décembre 1792 |
Lhuis |
Maçon |
|
Avril 1793 |
Nantua |
Maçon |
|
Octobre |
Mornay (24) |
Cultivateur |
|
Nivôse an 2 |
St-Germain-de-Joux |
Cultivateur |
|
Pluviôse |
Nantua |
Chapelier |
|
Germinal |
Gex |
Substitut agent national |
|
Prairial |
Mornay |
Cultivateur |
|
Fructidor |
Poncin |
Cultivateur |
|
Sans date |
Gex |
Cultivateur (25) |
|
Les prénoms issus du calendrier républicain
|
||
Les parents ont, plus ou moins souvent, utilisé le calendrier officiel. Il y a des différences entre les communes. Mais il y a aussi des différences dans le choix lui-même. Certains sont allés chercher leur modèle plus ou moins loin.
A Lagnieu, la Fraisine, du 11 nivôse, se rapporte à Fraisier, du 11 prairial.
A Poncin, le Sorgho, du 25 thermidor, fut choisi un mois plus tard, soit le 24 fructidor.
On peut également utiliser un prénom calendaire proche : le Mouron du 18 ventôse a été employé le lendemain (Poncin).
Mais, la plupart du temps, c’est le prénom du jour qui fut pris.
La Tulipe, du 4 germinal à Saint-Rambert.
L’Oignon, du 3 messidor à Belley.
Une Justice, à Collonges, les 18 et 21 fructidor an 2 (influence de l’officier d’état civil).
Une Liberté, que l’on trouve deux fois, encore à Collonges (nivôse et germinal) et deux fois également à Belley (nivôse et prairial) (22).
Enfin, l’Egalité apparaît à quatre reprises : deux fois à Nantua (pères commerçant et perruquier), trois fois à Belley, le 18 brumaire pour un garçon prénommé également Antoine, et chez deux cultivateurs en ventôse et messidor (23).
Le calendrier proprement dit donnera deux termes : deux Décadi, le 20 pluviôse an 2 à Lagnieu et le 30 prairial à Saint-Rambert.
Deux Brumairiennes à Saint-Rambert encore les 22 et 26 brumaire an 2. On les remarque chez un marchand (avec Adrienne) et un galochier (avec Marie-Françoise).
— Les événements fournissent deux occasions : Huningue, à Belley le 23 brumaire an 2, en souvenir de la victoire française. Mais c’est Victoire qui fut la plus pillée, sauf à Belley.
Le Houblon, du 23 fructidor à Lhuis.
Quelle est l’importance des prénoms calendaires ? Elle est variable : 6 sur 11 à Gex, 16 sur 40 à Belley (dont deux Tulipe et deux Grenade), 1 sur 3 à Mornay, 2 sur 11 seulement à Nantua. Aucun à Collonges. Par contre 2 sur 3 à Poncin, 3 sur 5 à Ambérieu, la moitié à Ferney et Lagnieu.
Il semble donc que les cités les plus importantes ont plutôt choisi des prénoms tirés de l’Antiquité et de l’époque révolutionnaire (26).
Voyons maintenant la nature des appellations. On peut les classer sous quatre rubriques.
————————
(18) Il pourrait s’agir
d’Auguste Henri Marie PICOT, marquis de DAMPIERRE. Participe à Valmy comme
colonel. Il est le principal artisan, par son audace, de la victoire de
Jemmapes. Blessé mortellement en avril 1793, il expire à Valenciennes. La
Convention lui accorde les honneurs du Panthéon. COUTHON veut en faire
sortir cet « aristocrate », mais DANTON obtient l’ajournement de la décision.
(19)
Il s’agit de Sarret (Ferney, le 2 floréal
an 2). Peut-être faut-il comprendre l’Asaret, petite herbe vivace
croissant dans les bois humides. Ses fleurs, d’un pourpre foncé, sont solitaires
et portées par un court pédoncule. Le second est Simonneau
(Belley, le 20 brumaire an 2). Peut-être est-ce le maire d’Étampes, qui
refusa d’appliquer la taxation sur le marché de la ville. Il fut massacré
par les habitants le 3 mars 1792. L’Assemblée législative lui rendit
hommage. Le citoyen François BARQUEL, qui l’a choisi, a-t-il voulu
protester contre les excès du maximum en brumaire an 2 ? Encore une
hypothèse...
(20)
C’est Locadi, à Nantua (21 pluviôse
an 2). Le suffixe di désigne le jour (le 21 pluviôse est un primidi). En ce
premier jour de la semaine, la plante correspondante sur le calendrier est le
Thlaspi. C’est tout ce que l’on peut avancer. Le mystère reste entier.
(21)
Mais un officier pensionné à Bourg fit choix, lui, de Boisset (1748-1813), dont l’action dans l’Ain, comme représentant
en mission, fut beaucoup plus modérée (30 thermidor an 2).
(22)
On a choisi ce prénom une fois à Pont-de-Vaux et à Chalamont, trois fois à
Trévoux (la première en avril 1793).
A ce sujet, un épisode
assez curieux à Mirepoix (Ariège). Le 20 mars 1793, Etienne ROUGET, juge de
paix, assisté de son greffier, Arnaud GERSON, et de Jacques ALIBERT,
serrurier et officier municipal, rapportèrent que l’on avait trouvé un
nouveau-né exposé devant la porte de l’hôpital. C’était une fille « enveloppée dans un trousseau de laine blanche neuve entourée
d’une lizière de drap noir ». L’enfant fut déposée entre 3
et 4 heures du matin. On frappa plusieurs fois à la porte. La garde se leva
mais quand elle ouvrit, il n’y avait personne. Un billet épinglé au
trousseau indiquait les prénoms de Jeanne
Liberté. Ainsi fut fait.
(23)
Evidemment, on le signalera en Bresse (Pont-de-Veyle), dans le Revermont
(Coligny) et deux fois à Trévoux dont le 1er pluviôse, chez un
membre du Comité révolutionnaire « cy-devant
ouvrier en soie », J.-B. GAY. Celui-ci assisté de Jean COLLET dit
CAPITAN, marchand toilier, qui avait donné le même prénom à son fils le 22
avril 1793. Il fut le parrain.
(24)
Chef-lieu de canton de 1800 à 1826. Remplacé par Izernore en 1827.
(25)
Un certain nombre de batailles peuvent justifier ce prénom : Valmy, 22 septembre
1792 ; invasion de la Hollande par DUMOURIEZ, 17 février 1793 ;
Hondschootte, 8 septembre 1793 ; prise de Lyon par les troupes de la
Convention, 18 vendémiaire an 2 ; victoire de KLEBER et MARCEAU sur
les Vendéens à Cholet, 26 vendémiaire an 2 ; Fleurus, 8 messidor an
2...
(26)
Cette remarque se vérifie à Bourg où les prénoms calendaires ne représentent
que 20 %, contre 40 % à Belley (cf. article cité note 14).
— Les fleurs d’abord
Primevère, à Nantua en germinal (receveur du district).
Pivoine, à Saint-Rambert en prairial (cultivateur).
Tulipe, trois fois, dont deux à Belley (27), une à Saint-Rambert, le 4 germinal (28).
Œillet, à Belley en prairial (cultivateur).
Mais aussi Renoncule, deux fois à Belley, le 2 ventôse et le 1er germinal.
La Fleur (29), toujours dans la même cité, le 12 pluviôse (père peigneur de chanvre), et Floralie, le 13 floréal à Gex.
— Les arbres
Peu nombreux mais bien personnalisés puisqu’on trouve un arbre fruitier, le Poirier, un feuillu, le Frêne, mais aussi le Laurier qui peut servir à honorer, à orner et en cuisine, Laurier-Thym (30).
— L’alimentation
Rappelée à six reprises par une légumineuse, la Lentille (Saint-Rambert, 23 thermidor, ce qui correspond au calendrier), l’Oignon (à Belley, 3 thermidor), qui peut servir à accommoder les mets. Le Seigle (à Belley) représente les céréales. Le Sorgho (Poncin) est une graminée alimentaire invoquée chez le greffier de la justice de paix le 25 thermidor an 2. Suivent le Colza, à Belley (31) et le Houblon, à Lhuis chez un cabaretier qui doit peut-être vendre beaucoup de bière !
— Les plantes
C’est un véritable jardin que l’on peut diviser en trois carrés : la Bétoine (à Tenay), dont une espèce, la bétoine officinale, est commune dans nos climats car on l’employait en médecine à cause de ses propriétés sternutatoires ; la Bruyère (4 nivôse), chez un cultivateur d’Ambérieu ; le Romarin, plante aromatique dont les petits arbrisseaux ont fait les délices d’un préposé aux convois militaires de Nantua (32), en brumaire an 2, mais aussi de deux Belleysans. On rencontre ce Romarin à six reprises dans le district de Beaune (33). La Bruyère et le Mouron se rencontrent à Ambérieu et Poncin.
Autre plantes : deux pour leur parfum, Basilic (à Saint-Rambert) et Jasmin (à Ambérieu et Belley). Enfin le Thym, petit arbrisseau aromatique à fleurs dotées de propriétés stimulantes (à Gex), et la Myrte, plante d’odeur agréable consacrée à Vénus chez les Romains et qui était, chez les Grecs, l’emblème de la gloire (35).
Quatre prénoms ne sont pas empruntés au vocabulaire botanique :
Coq, à Belley, chez un charpentier rue de la Convention (6 germinal). Aucun prénom chrétien n’accompagne le Chantecler ! Gageons que, plus tard, le jeune homme se débarrassera de ce cadeau encombrant et demandera à s’appeler Joseph, Denis ou Anthelme...
Lièvre, à Gex, le 26 ventôse.
Houlette, à Saint-Rambert. Le père, huissier, a strictement recopié la mention calendaire et, comme le jour était une décade, on a ajouté un second prénom à celui de Rosine.
Enfin Moulin, donné à son fils par un cultivateur de Saint-Rambert le 30 thermidor. On trouve un Moulin également à Bourg.
La cohabitation des prénoms
Seule la commune de Gex comporte davantage de prénoms chrétiens que de révolutionnaires (treize contre onze).
A Nantua, c’est l’équivalence. Pour treize documents, treize à treize.
Mais partout ailleurs, la Révolution l’emporte dans ces choix : trois contre deux à Lhuis ; un contre zéro à Izernore, Saint-Germain-de-Joux et Tenay ; deux à zéro à Virieu-le-Grand (Décius et Albitte) pour un seul nouveau-né à Ferney ; treize contre dix à Saint-Rambert et cinq à trois à Ambérieu. A Collonges, pour sept actes, on trouve neuf prénoms républicains et... deux chrétiens.
L’exemple de Belley mérite que l’on s’y arrête. Sur quarante actes, on dénombre quarante-cinq prénoms « nouveau style », soit 112,5 %, mais seulement dix « ancien style », soit 25 %.
C’est également la cité belleysane qui offre le seul document des trois prénoms. Le père, sans profession, a choisi Baras Saint-Just Saint-Cinnatus.
——————
(27) Dont le 18 floréal,
pour la fille posthume de Pierre BONVAL.
(28) Second prénom de la
fille d’un huissier de quarante-quatre ans, Coquète.
Le 4 germinal est consacré à la Tulipe
et le 5 à... la Poule. Ce serait
l’onomatopée qui l’aurait emporté !
(29) On trouve Fleurette
à Mirepoix, chez Jean CLANET, jardinier chez la citoyenne MONTFAUCON.
(30)
Le Laurier est adopté deux fois à
Gex, une à Thoissey, trois à Montluel. Quant à Laurier-Thym (cuisine), il existe à Gex ; il est vrai que le père
est aubergiste.
(31)
On le retrouve également à Thoissey pour deux jumeaux : le garçon hérite
du Colza et la fille de l’Amande.
Le père, officier public, a ajouté à son prénom celui de Frêne
(1er thermidor).
(32)
On le voit deux fois à Montluel et deux fois à Trévoux, par exemple chez un
membre du tribunal révolutionnaire qui a choisi comme deuxième prénom Bouton
d’Or.
(33)
Nos Ancêtres et Nous
n° 55, 1992, p. 24 à 28, par H.-A. PETIT.
(34)
Le mouron est une petite plante à fleurs rouges et bleues, commune dans les
cultures et les chemins, mais toxique pour les animaux. Le mouron pour oiseaux
est à fleurs blanches.
(35)
Signalons un prénom curieux à Poncin (4 nivôse an 2), Jean Simon DELAIGNE
et son épouse Anne PERRIN donnèrent à leur fille le prénom de Délaissée.
A quatre reprises, on y relève deux prénoms (36).
Nivôse, Ciriac Sans-Culotte (un père cordier).
Ventôse, Lucrèce Montagnarde (père officier de santé).
Germinal, Lucrèce Concorde (père cy-devant officier des milices) (37).
Messidor, Titus Agricola (père Jean-Louis BRILLAT, sans profession).
Un seul prénom, Ciriac, est emprunté au calendrier. Pour les autres, l’Antiquité en fournit quatre et les symboles révolutionnaires trois.
Sociologie des pères
Un dernier problème reste à élucider. Quelle est la profession de ceux qui se sont engagés en donnant à leurs enfants ces prénoms nouveaux ? On peut les diviser en trois groupes.
— La terre
Elle en présente vingt-huit, soit 27,5 %. Deux journaliers, l’un à Belley (38), l’autre à Gex.
Mais ce sont surtout les cultivateurs qui ont pris parti et cela dans presque toutes les communes (sauf Ferney, Gex (39) et Nantua). Belley présente dix cultivateurs sur quarante, soit 25 % (40). A Ambérieu, il y en a deux sur six ; à Poncin, deux sur trois. A Izernore, Saint-Germain-de-Joux et Tenay, seul un cultivateur s’est lancé.
— Le monde du travail
On y compte trente et un noms, soit un peu plus de 30 %, et il est plus diversifié.
D’abord les vingt-trois artisans. Ceux de Belley sont déjà une dizaine. Dominent habillement et chaussures, dont un galochier, un tisserand, un chapelier (41). Trois charpentiers, dont un habite rue de la Convention. Citons également un cordier. Enfin les services sont représentés par un perruquier (42).
Restent treize pères de famille pour les autres communes. C’est Nantua (bâtiment deux, chapelier, perruquier « résident ») et Saint-Rambert, où quatre corps de métier sont représentés (43), qui s’imposent.
A Lagnieu, les trois artisans (tailleur, galochier encore et serrurier) fournissent les trois quarts de l’effectif. Ambérieu et Lhuis n’ont qu’un seul nom à offrir.
Le pays de Gex n’a trouvé qu’un volontaire, à Gex (44), mais aucun à Ferney et à Collonges.
Six commerçants ont opté pour un prénom révolutionnaire, mais pas à Belley. L’un est cabaretier à Lhuis, un autre aubergiste à Gex. Nantua en a deux, dont un préposé aux convois militaires.
Enfin deux ouvriers ont la portion congrue, à Gex et à
Belley, dont un peigneur de chanvre, qui a donné à sa fille le doux prénom
de la Fleur.
— Les gens éclairés
Il faut insister sur ce groupe, avec en premier lieu neuf hommes de loi. Ce sont certainement de véritables « républicains » partisans des idées nouvelles.
Un homme de loi, sans autre précision, à Saint-Rambert, qui fait équipe avec deux huissiers et un greffier de la justice de paix. Trois officiers municipaux, deux à Gex et un à Belley, qui est le parent pauvre de la catégorie.
Les « citoyens » sont huit. Ce sont, sans doute, des propriétaires. On en relève trois (sur onze) à Nantua (45), deux sur six à Ambérieu, mais seulement deux à Belley. Ils sont pratiquement absents en pays de Gex.
Quant aux sept « sans profession », on peut les ranger dans le même groupe. A lui seul, Belley, en propose cinq (71 %). Collonges complète le total.
Trois médecins se sont distingués, un à Ambérieu et deux dans la cité belleysane, un officier de santé, Anthelme DELABRAS, et le directeur de l’hôpital, Claude TRAVAIL, « ouvrier de santé », pour Lucrèce Montagnarde (13 ventôse).
On terminera par les trois fonctionnaires, qui ont affirmé leurs sentiments républicains par l’intermédiaire de leur progéniture. On ne sera pas surpris d’en compter deux à Belley, l’administrateur du directoire du district, Mathieu CHAVANON, pour Colza (11 pluviôse), et le secrétaire général du district, André VUILLET-DURAND, pour Frêne ; le troisième est receveur du district à Nantua, Jacques MOLINARD (Camille Primevère).
— Les divers
Ils comptabilisent treize noms de nouveaux-nés.
Trois militaires, dont deux Gessiens, un sergent et un garde-magasin de l’armée, donc deux hoommes de rang modeste ; l’autre, Jean-Marie GARIN, ancien officier des milices, demeure à Belley.
Ajoutons, toujours à Belley (qui présente l’éventail le plus riche des professions), un architecte, Jean-François CARROZ, dont la décision a été prise très tôt puisque son Louis Voltaire fut déclaré le 5 janvier 1793.
Sept pères de famille n’ont pas déclaré leur profession, dont deux à Belley, mais quatre à Gex.
Enfin, il faut faire un sort à deux femmes : la première, Etiennette MIROY, veuve de Pierre BONVAL « mort au service de la République ». Elle a appelé sa fille la Tulipe (à Belley le 15 floréal an 2).
L’autre est aussi une Belleysane, mère célibataire, mais du 11 pluviôse an 3. Cette Jacqueline BERNARD, « fille non mariée », a eu un fils qu’elle appela Brutus. C’est le nom de ce personnage célèbre qui clôt la longue liste des prénoms révolutionnaires en Bugey et pays de Gex sous la Révolution.
Liste des prénoms choisis
Agricola, 2 (B)
Albitte,1 (B)
Ascagne, 1 (B)
Basilic, 1 (B)
Barras, 2 (B)
———————
(36) Il faut croire que les
habitants de Mirepoix étaient plus engagés, puisqu’on trouve (pour
quarante actes) quatre exemples de trois prénoms : Brutus
Noisette Groseille en messidor an 2 (père marchand droguiste) ; Fer
Lin Betterave en thermidor (père sans profession) ; Cire
Potiron Tubéreuse (ces prénoms seront changés en prénoms chrétiens
le 8 janvier 1814 par jugement du tribunal d’instance de Pamiers) ; Argile
Mélisse Tubéreuse en fructidor.
(37) Autres exemples de
communes à deux prénoms : Lagnieu, Horace
Républicain ; Collonges, Ventôse
Brutus ; Nantua, César
Auguste, etc.
(38) Martin VUILLET, pour Renoncule,
le 1er germinal
an 2.
(39) Mais Collonges compte
quatre cultivateurs sur sept pères « républicains ».
(40) Deux exemples : Jasmin,
fils de Jean-Baptiste ANGELIEU, le 24 nivôse ; Egalité,
fils ou fille d’Albert ROSSET, le 27 messidor an 2.
(41) Laurent PONSARD, qui a
choisi les prénoms de Charles Ognon
le 3 messidor an 2.
(42) Georges DUPONT, pour Barrasse,
le 4 messidor an 2.
(43) Meunier, tisserands,
maçon et galochier.
(44) Le 22 thermidor,
Claude François FORESTIER, maréchal à Mijoux (Pierre
Laurier).
Bélisaire, 1 (B)
Bétoine, 1 (B)
Brumairienne, 2 (B)
Brutus, 5 (B 3, G 2)
Bruyère, 1 (B)
César, 2 (B et G)
César Auguste, 1 (B)
Cincinnatus, 1 (B)
Ciriac, 1 (B)
Colza, 1 (B)
Concorde, 1 (B)
Convention, 1 (B)
Coq, 1 (B)
Décadi, 2 (B)
Décius, 1 (B)
Délaissée, 1 (B)
Egalité, 4 (B)
Fabius, 1 (G)
Fleur, 1 (B)
Floralie, 1 (G)
Fraisine, 1 (B)
Frêne, 1 (B)
Grenade, 3 (B)
Horace, 1 (B)
Houblon, 1 (B)
Houlette, 1 (B)
Huningue, 1 (B)
Jasmin, 2 (B)
Justice, 2 (G)
Laurier, 2 (G)
Laurier-Thym, 2 (G)
Lentille, 1 (B)
Liberté, 4 B é, G 2)
Lièvre, 1 (G)
Locadi, 1 (B)
Lucrèce, 4 (B)
Marat, 2 (B)
Montagnarde, 1 (B)
Moulin, 1 (B)
Mucius, 1 (B)
Mucius
Servola, 1 (B)
Myrte,
1 (B)
Nicétas, 1 (B)
Numa, 1 (B)
Œillet, 1 (B)
Ognon, 1 (B)
Orcunète, 1 (B)
Pivoine, 1 (B)
Poirier, 1 (B)
Pompée, 1 (B)
Primevère, 1 (B)
Publicolus, 1 (B)
Renoncule, 2 (B)
Républicain, 1 (B)
Romarin, 3 (B)
Saint-Just, 1 (B)
Sans-Culotte, 1 (B)
Sarret, 1 (G)
Scipion, 2 (B et G)
Scévola, 2 (B et G)
Seigle, 1 (B)
Simonneau, 1 (B)
Sorgho, 1 (B)
Thaïs, 1 (B)
Thlaspi, 1 (G)
Thym, 1 (G)
Titus, 1 (B)
Tulipe, 3 (B)
Valérien, 1 (B)
Victoire, 9 (B 8, G 1)
Virginius, 1 (B)
Voltaire, 1 (B)
(B) = Bugey
(G) = Pays de Gex